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Bulletin de l'Amitié de mars 1962 - extraits

Tableau des services

4 ............................................................... J. J. Maison
11 ............................................................. Marchal
18 ............................................................. A. Perrin
25 ............................................................. Marchal


Le transitoire et le permanent dans l'église

Voici un texte d’une forte et belle venue où le plus grand de nos théoIogiens français, Auguste Sabatier, a exprimé la vie intime et durable de la foi, telle qu’on la saisit dans les formes toujours révisibles des doctrines.  Esquisse d’une philosophie de la Religion, p. 331-333.

***

Ce principe de liberté, remarquons-le, est une conséquence de la doctrine essentiellement chrétienne du sacerdoce universel. Rien ne fut, plus loin de l’esprit de Jésus-Christ que d’établir un clergé dans le royaume de Dieu, et de lui assurer, à l'exclusion du reste des fidèles, le monopole des inspirations du ciel et la garde ou l'interprétation de son enseignement. Le devoir ou le privilège qu’il marquait à l’un, il
les donnait à tous ."Vous êtes tous frères! N’appelez personne sur la terre du nom de Maître" , et ses apôtres répètent après lui : "Il nous a fait rois et sacrificateurs; il nous a tous faits fils de Dieu! " Par une sorte de timidité ou de lâcheté naturelle, le peuple chrétien a renoncé à cette part divine de son héritage. En partie, mais en partie seulement, la Réforme l’a remis en possession de ses droits. Le salut par la foi du cœur, par la consécration intérieure, et non par des œuvres pies ou par une adhésion à un credo ou symbole quelconque, a pour effet de faire de la vérité religieuse, non plus un don surnaturel tombé d’en haut et garanti par une autorité visible, mais une évidence intérieure, une révélation immédiate, se produisant dans le cœur, et par conséquent, donnant à chaque chrétien, en toute simplicité et humilité, le droit et la compétence d’en bien juger et de juger également de toutes les doctrines qu’on lui apporte. Il y a, dans la piété du fidèle, un principe actif de critique pratique et religieuse, laquelle s’exerce, avant même toute critique rationnelle. sans aucun doute, ce serait du fanatisme de penser que la première puisse remplacer la seconde ou s’en passer; mais c’est une vérité psychologique d’affirmer qu’elle lui donne son fondement légitime, qu’elle l’appelle, la fait naître et triompher. Voilà pourquoi les peuples protestants n’ont jamais voulu séparer leurs écoles de théologie de leurs autres institutions universitaires, ni élever leurs pasteurs autrement et d'après d’autres méthodes scientifiques, que leurs juristes, leurs médecins ou leurs professeurs. Dans ces écoles, non partout sans doute au même degré, le dogme est discuté et étudié comme toute autre matière. S’il est détendu ici, dans sa forme antique, il est critiqué là avec une liberté absolue. Par ces discussions, par ces controverses mêmes auxquelles heureusement aucun pouvoir extérieur ne vient mettre fin,
le dogme est sans cesse mis à l’épreuve, refondu en quelque sorte au feu de la forge; il perd sa dureté de loi extérieure: il reste chaud, malleable; il se dépouille des superstitions mortes du passé pour répondre aux besoins du présent, se diversifier naturellement avec les esprits, s'ouvrir à la philosophie du siecle, la pénétrer à son tour, participer au progrès laborieux de la pensee moderne et rester toujours en harmonie et en communion avec elle.

Et qu’on ne me dise point que tout ce travail est inutile. ll n’en est pas de plus nécessaire à la vie des églises et à leur action sanctifiante. Les dogmes commencent à vieillir du jour ou ils sont promnlgués. Au bout de quelque temps, ils ont besoin d’une traduction et d’un commentaire. La société religieuse poursuit sa route et se renouvelle d’une génération à l'autre; et, comme la formule dogmatique reste stationnaire, une sorte de désaccord ou même de rupture se produit nécessairement. Qui donc
rétablira l’équilibre et l’harmonie‘? Qui fera la conciliation et la transition entre hier et aujourd’hui? Qui renouera la chaîne de la tradition à travers les siècles et réalisera la communion des âmes dans l’infinie
diversité des langues et des symboles? Qui mettra la paix dans les communautés et dans les esprits, en inspirant la tolérance et en faisant la lumière, sinon cette critique dogmatique qu’il est facile de charger d’anathèmes, mais dont on ne peut se passer?


Cette critique, il est frai, dérange beaucoup dhabitudes et trouble bien des cœurs. Nous avons été, pour  la plupart, élevés religieusement de telle façon que notre vie morale nous semble indissolublement liée
à telle ou telle conception dogmatique, dont la ruine semble devoir lui être fatale. N’est-ce pas là une vaine terreur? Y aurait—il pour le chrétien un devoir supérieur au devoir d'obéir à la vérité? Son premier culte ne doit-il pas être pour elle? Relisez donc l'histoire des idées religieuses; repassez même celle de votre propre vie : est-ce d'aujourd'hui que les doctrines se renouvellent et que la vie de la piété se perpétue, portant ses fruits bénis, en laissant derrière elle des formes périmées et des conceptions que des générations d’hommes estimaient lui être à jamais nécessaires? L’aventure du moine Sérapion est bonne à méditer. Elle peut nous instruire et nous rassurer en même temps.

Un jour, le moine Sérapion, homme d`un zèle ardent et d’une piété profonde, apprit du prêtre Paphnutius et du diacre Photinns que Dieu, à l’image duquel l’homme avait été créé, était un être tout spirituel, sans figure extérieure, sans organes sensibles. Le pieux Sérapiou se déclara convaincu par l’ascendant de la tradition catholique et par les arguments qu'on avait développés devant lui, et tous les assistants se levèrent pour rendre grâce à Dieu d’avoir arraché un si saint homme à la funeste
hérésie des anthropomorphites. Mais, voici qu’au milieu de la prière, le malheureux vieillard, sentant s’évanouir dans son cœur l’image de ce Dieu auquel il avait coutume d’adresser sa prière, fut saisi d’un trouble profond et, éclatant en. sanglots, il se jeta à terre et s’écria avec des larmes  « Malheur à moi, infortune! Ils m’ont enlevé mon Dieu! Je n’ai plus personne que je puisse saisir. invoquer et adorer ».
« Heu! me miserum! Tulerunt a me Deum meum, el quent nunc teneam non habeo. Et quem
adorem aut interpellem ».

Touchante et profonde image de notre expérience et de celle de l`humanité! Il se peut qu’aux degrés divers de l'échelle, nous soyons tous au fond semblables à ce bon et pieux Sérapion. Toujours nous nous faisons, nous aussi, quelque idole. Nous avons beau savoir que Dieu est esprit: nous l’enchaînons à quelque fétiche de fabrication humaine. Et quand la science vient nous l’arracher, nous restons malheureux et perplexes, comme si elle nous avait ravi Dieu lui-même. L'étude des dogmes et de
leur évolution, si elle était répandue, aurait pour effet de nous débarrasser de ces illusions et de nous guérir de ces inquiétudes. Elle nous apprendrait que notre vie religieuse ne dépend que de notre foi, que
Dieu qui en est la source et la fin, est indépendant de toute théorie ou représentation, qu'il est infiniment au-dessus de toutes les conceptions humaines et qu’il suffit, pour n’être pas séparé de lui  de l'adorer
toujours en esprit et en vérité.

Auguste Sabatier


Conférences de février

Compte tenu des corrections qu’implique le passage du style parlé au style écrit, ces quatre conférences paraîtront telles qu’elles ont été prononcées. Elles ne seront donc pas transformées en livre, comme
c’est le cas pour la série 1961 sur « Le Christ ». Ce dernier ouvrage ne pourra sortir, en conséquence, que vers la fin de l’année, et nous nous en excusons. Les personnes désireuses de s’inscrire en vue de la publication des conférences 1962, publication qui sera assurée par la collection « Foi et Vérité » de Genève, voudront bien nous envoyer ou déposer au temple une demande rédigée simplement ainsi : « Je m’inscris pour ... exemplaires du recueil « LA TACHE PRÉSENTE DE LA PENSÉE RELIGIEUSE » par M. le Pr. Marchal, à paraître au cours du premier semestre 1962. Le mode de règlement sera précisé en temps voulu. Ajouter, naturellement, le nom et l’adresse. Le prix, modéré, se situera autour de 3 NF. Ne rien verser à l’avance.

 


Evangile et liberté

Paraissant tous les quinze jours ce journal représente notre tendance au sein du Protestantisme français. ll eut pour animateurs, Ch. Wagner, W. Monod, E. Roberty, A. Wautier, A.N. Bertrand auquel le Pr MARCHAL succède en qualite de président du Comité. Paraissant depuis un mois dans une présentation nouvelle, — mais il a 76 ans! —, « Evangile et Liberté »· serait heureux de vous avoir pour lecteurs et pour abonnés. Vous serez tenus au courant des questions religieuses, des livres essentiels qui paraissent, de la chronique de la vie protestante. Un « Ecran de la quinzaine », assure tour à tour par les pasteurs E. BRUNNEL, R. CHATEAU et G. MARCHAL, commente l`actualite. M. le PR L. Dumas y collabore encore et nous l’en remercions. Prenez votre plume, abonnez-vous, et enconragez ainsi notre effort, plus nécessaire que jamais. ll suffit d’écrire à notre administrateur, Mr le pasteur Gilliéron, 73 Avenue Tivoli, le Bouscal (Gironde). Abonnement 8 NF. par an; Ch. P. 525.49, Bordeaux, ou chèque bancaire au nom de M. Gilliéron.


Dans la paroisse

Cultes - Celui du 4 mars sera présidé par M. lc pasteur J.J. Maison, de l'Oratoire. Celui du 18, le sera par le pasteur A. PERRIN, d’Auteuil. Nous remercions vivement ces amis de bien vouloir nous aider et nous leur souhaitons une fois de plus la bienvenue parmi nous.

Communion - le dimanche 25 mars.

Etude Biblique - Mercredi 7 mars, 20h45, Salle Wautier. La figure historique et spirituelle d'Abraham. Son importance et sa signification durable (Genèse, chapitres 12 à 25). Pr Marchal.

Cercle d'Etudes - Jeudi 22 mars 20H45, Salle Wautier. Entretien sur l'euthanasie, introduit par M. Marchal. Nos amis médecins et juristes y sont particulèrement invités.

Mouvements de jeunesse - En dehors de l’École du dimanche et de l'Instruction Religieuse, voici les divers mouvements qui fonctionnent dans votre Eglise et qui peuvent contribuer à la formation morale et spirituelle des jeunes.
Si vos enfants
a) sont libres le jeudi après-midi, un Club du jeudi tient des séances très animées (goûter, promenades, etc.) sous la direction de Mmc Guillaumont. Age moyen : de 6 à 12 ans.
b) s’ils aiment le scoutisme, toutes les branches sont à leur disposition. Voici les noms des responsables, chefs et cheftaines. Éclaireuses : Mm Jacqueline Leenhardt (POR. 18-96). Petites Ailes : Mlle Lysie Stéphan (TUR. 89-51). Éclaireurs : Cyril Rachmanoff (TUR. 19-03) et Gérard Blondel; chefs de patrouille locaux (pour le Foyer de l’Âme), Maurice et J-Claude Montet (LON. 01-18). Louveteaux 2 Geneviève Massé, 24, rue des Marguettes (12e) et J. Cléach, Bâtiment F, H.L.M. des Irlandais, Arcueil (Seine).
Les dates et lieux de sorties des louveteaux ont été établis pour le trimestre.
c) s’ils ont de 15 à 20 ans, un Club des jeunes aux séances nombreuses et variées les groupe régulièrement. Responsables : Roland Friedel (ROQ. 01-52) et J-P Steiger (ARC. 69-44).
d) s’ils aiment la musique. notre chorale se réunit le lundi, salle Wautier, à 19 h. 45, sous la direction de Muriel Allin (ITA. 11-28). Les amis susnommés et le Pasteur sont à votre disposition pour vous donner toutes les précisions qui serziieut nécessaires.

 


 

Couverture du Bulletin de l'Amitité de mars 1962