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Le mot du Pasteur - février 2018

Métro, Dodo, Jeux vidéo

La révolution industrielle et capitaliste nous a légué la société dans laquelle nous vivons depuis l'an 2.000, pour donner une date... Depuis la fin de la guerre, de 1945 à 1973, de la reconstruction au choc pétrolier, nous avons connu un accroissement de la richesse et du bien-être. Imaginez : une croissance à deux chiffres et un taux de chômage inexistant ! Epoque des premières machines à laver, de la 2 CV et de la 4 L, de la télévision, des vacances allongées, etc. Seulement voilà, la société est apparue à certains comme ennuyeuse. La société de consommation n'a pas fait le bonheur, et nos étudiants facétieux d'écrire sur les murs des villes le slogan "Métro Dodo Boulot". Slogan qui dit bien la contestation soixante-huitarde dont le souvenir s'éloigne de plus en plus.

Ma surprise a été grande de retrouver ces jours-ci un slogan semblable : Métro Dodo Jeux vidéo. Le "boulot", vu comme abrutissant, contraignant, a été remplacé par les jeux vidéo. Il faut dire que le très petit écran a tout envahi, vie privée et vie publique. D'une utilisation addictive, il attire, fascine et devient le support principal de nos activités ludiques le jeu vidéo. Ces jeux sont faciles à mettre en application, fondés sur le réflexe, seul ou à plusieurs, ils peuvent être mis en route partout. Regardez dans le métro, le bus et dans la rue, les gens sont là le nez collé à l'écran, le pouce vengeur prêt à appuyer sur la touche choisie pour progresser dans le jeu. Le travail, qui était malgré tout nécessaire pour la société, disparaît face à l'individualisme. Ces jeux accessibles sur des tablettes, qui se connectent à des téléphones ou à des ordinateurs finissent par tout polluer. Regardez ce couple d'amoureux au restaurant pour un repas romantique : l'un a l'oeil rivé sur son écran de portable et l'autre compte les secondes.

La société ludique et numérique a quelque chose d'idolâtre. On lui donne temps, énergie, argent, et en retour l'idole offre du virtuel. Ni réel, ni spirituel. Hélas, il est difficile d'éviter l'inévitable. Nos églises ont peut-être intérêt à réfléchir en profondeur au phénomène. Nos églises seront numériques !

Dans tous les cas, nous avons à accompagner ce phénomène et à dénoncer les abus de l'addiction aux jeux vidéo et aux "petits écrans". Peut-être si Jésus revenait nous guérirait-il de la passion des i-phones, "ordi", jeux en ligne. On peut rêver de voir un jour un slogan comme "Liberté, Spiritualité, Solidarité".