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Présentation de la cantate BWV 197

La cantate de mariage Gott ist unsre Zuversicht nous est parvenue sans véritables informations historiques. Le haut niveau d’élaboration de la musique suggère seulement de dater l’œuvre vers 1740, une quinzaine d’années après l’intense activité de composition des cantates à Leipzig.

Les deux parties très symétriques encadraient la célébration du mariage. La première rend grâce à Dieu, la seconde s’adresse au couple tout neuf. Chacune est centrée sur un air réconfortant et conclue par un choral. La voix de basse assure la quasi-totalité des récitatifs, «doublant» en quelque sorte le pasteur qui unissait les époux. La voix de ténor n’est présente que dans les ensembles.

L’ouverture de la cantate est brillante et bien scandée par les cuivres et les timbales. Les chanteurs déploient d’abord une fugue rigoureuse où s’affirme la confiance en Dieu. Puis le chœur se fait plus discursif avant de rebondir et conclure avec le motif initial.

Un premier récitatif qui s’émerveille des voies divines parfois mystérieuses prend pour finir une direction inattendue : invoquant les enfants de Dieu, il s’assoupit doucement dans une ritournelle instrumentale.

Il prépare ainsi un air en longues phrases, étirées tant par la voix d’alto que par le hautbois d’amour aux sonorités envoûtantes.

Pourquoi plonger dans le sommeil ...? Comme les airs dans la seconde partie proviennent d’une ancienne cantate de Noël, peut-être celui-ci aussi a  t-il été recyclé, Bach forçant un peu l’assemblage.

L’air n’en est pas moins magnifique et empreint d’un grand abandon (avec une partie centrale plus animée où se manifeste toute l’attention de Dieu).

Un nouveau récitatif referme l’épisode et annonce le mariage proprement dit. L’amour, c’est aussi Dieu qui le place sur le chemin. Le choral qui conclut cette première partie invoque la présence divine dans l’union qui va être célébrée. La mélodie principale semble décorée de flammèches.

L’union prononcée, la seconde partie s’ouvre. Notre «pasteur soliste» s’adresse au couple et lui promet la bénédiction divine dans un air repris de la cantate de Noël Ehre sei Gott in der Höhe dont le texte a été remplacé. La musique est riche, abondante. Hautbois, basson, violons, continuo ajoutent leurs lignes respectives au chant. L’ambiance est celle d’un voyage tranquille.

Intervient alors le seul récitatif de cette cantate pour une autre voix que la basse. C’est en fait une longue piste d’envol pour l’air de soprano et on comprend pourquoi la même voix prend en charge ces deux épisodes. La rhétorique s’efface doucement devant le chant : vocalises sur le mot zählen (incommensurable), dernière phrase doublée, triplée... Cet air de soprano, lui aussi recyclé,  a les mêmes qualités que celui d’alto dans la première partie : rythme ternaire, douceur extrême. La phrase de violon qui porte la mélodie est d’une ampleur presque infinie. L’accompagnement est docile et simple. Rien ne trouble la félicité des époux.

La basse revient tirer l’assemblée de ce doux rêve. Sur une dernière promesse, il lance le choral -seul passage en mode mineur de la cantate- qui vient quêter la foi des invités : ce bonheur, méritez-le par votre confiance en Dieu.

Christian Leblé

 

La présentation complète de chaque cantate jouée dans ce cycle au temple du Foyer de l'Âme est accessible sur le site Les Cantates.